
De retour après A Floresta que anda (2016), Christiane Jatahy prend pour point de départ l'un des mythes fondateurs de la littérature ocidentale : L'Odyssée.
Partant du vénérable récit homérique, elle braque un verre grossissant sur les temps d'aujourd'hui, sur les guerres, les départs et les arrivées, les tentatives (concrètes ou métaphoriques) de parvenir à son foyer. De part et d'autre d'un espace bifrontal, le public découvre d'un côté Ithaque, et de l'autre, le chemin vers Ithaque où les acteurs y représentent différentes versions d'Ulysse ou de Pénélope.
Comme dans ses oeuvres précédentes, le public fait partie intégrante de la construction fictionnelle de l'histoire, en prise directe avec la scène. D'un côté comme de l'autre, les routes suivies forment un entrelacs de sons, d'images et de profondeur et constituent deux points de vue qui finissent par se confondre. Deux espaces-temps qui se replient sur eux-mêmes.
