
Pablo Albandea
Conversation sur le deuil entre Stéphanie Aflalo et son père, Tout doit disparaître sème des réflexions philosophiques sur un ton espiègle, comme autant de petits cailloux signalant un chemin que rien ne pourra effacer.
Deux personnages dialoguent depuis des temps différents. Le premier, Joseph, en costard et lunettes de soleil, surplombe la scène, saisi dans le grain désuet d’un caméscope familial et encapsulé dans un téléviseur à écran plat. La seconde, Stéphanie, est là, en chair et en os, et compose avec les miettes de sagesse que lui prodigue son père, dans un dialogue nourri de préceptes puisés dans la littérature philosophique et biblique sur la mort et le temps. Au fil des années, ses répliques à lui resteront à jamais inchangées, tandis que sa partition à elle se réécrira au fil du temps.
Tout doit disparaître est le troisième volet des Récréations philosophiques que Stéphanie Aflalo a inaugurées avec Jusqu’à présent, personne n’a ouvert mon crâne pour voir s’il y avait un cerveau dedans puis L’amour de l’art, présentées en 2024 au CENTQUATRE-PARIS où Stéphanie Aflalo est artiste en résidence. À la fois drôle, sensible et conceptuelle, la pièce est un entraînement au deuil, prenant au pied de la lettre l’adage selon lequel philosopher c’est apprendre à mourir.
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