
Duy Laurent Tran
Dans un solo imagé et burlesque, la chorégraphe et danseuse Zoé Lakhnati incarne tour à tour plusieurs personnages héroïques, comme autant de baudruches bientôt dégonflées sous le poids de leurs échecs.
Le geste est raidi par une armure en métal, la vision limitée à une mince ouverture dans le heaume et le pas mal assuré. Le premier personnage de This is la mort prend son temps pour explorer la scène avant d’esquisser quelques mouvements malhabiles. Zoé Lakhnati fend ensuite – littéralement – l’armure du chevalier pour laisser apparaître d’autres personnages définis par leurs costumes et gestuelles : un bodybuilder, une pop star ou un agent secret. Conquérantes ou héroïques, ces entités se relaient pour laisser apparaître leurs défaites et leurs morts potentielles. Ici, les héros s’effritent par la danse.
Pour ce premier solo, Zoé Lakhnati s’est inspirée de l’Atlas mnémosyne, immense corpus d’images assemblé dans les années 1920 par l'historien de l'art allemand Aby Warburg. De la même façon que ce dernier proposait une histoire comparative de l'art basée uniquement sur l'image, la chorégraphe fait naitre le sens d’une juxtaposition de mémoires et figures d’horizons différents. This is la mort s’inscrit en cela dans une pratique questionnant le poids des représentations, dans une perspective féministe.
45 min
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Séquence Danse Paris
Focus sur la danse contemporaine







