Bienvenue sur la première page fictive de CENTQUATREVUE.
Avant le 11 octobre où débute sa mise en ligne complète, nous souhaitions « ouvrir son atelier » et donner à voir son allure, son contenu mais surtout le travail en cours et en mouvement, caractéristique de cette entreprise de création non d’un objet théorique mais bien d’un processus réflexif à plusieurs dimensions. L’espace CENTQUATRE, dans son souci des « choses en train de se faire » comme dans celui de la rencontre des disciplines devient le terrain idéal pour expérimenter les possibilités d’une mise en relation théorie-pratique où chacun, tout en travaillant en son endroit, peut nourrir son autre, lui ouvrir des zones d’interrogations ou des entames de réponse. C’est en cet endroit précis de la friction entre un lieu et un projet que se détachent immédiatement les premiers questionnements : que signifie ou peut permettre, par exemple, une telle mise en relation de la théorie et de la pratique mais aussi des différentes disciplines artistiques et plus largement de l’artistique avec l’urbain, avec la ville, le quartier dans lequel s’insère l’établissement CENTQUATRE ? En quoi l’aménagement d’un tel espace dans la ville peut aussi agir sur elle, agir sur ses habitants ? Comment l’architecture concrète façonne, en un sens, l’architecture mentale d’un sujet dans son expérience de l’événement artistique ou plus largement dans son rapport au réel ?
Un premier chantier problématique et à dimensions multiples s’ouvre et demande à être arpenté par une pluralité d’acteurs. C’est avec lui (voir le premier texte d’appel à réflexions) que nous allons à la rencontre tant d’un philosophe américain, que d’un géocriticien français, d’un architecte londonien ou d’un auteur et metteur en scène japonais…qui, tous en leur endroit, pratiquent et pensent la spatialité et placent ainsi notre questionnement initial dans un jeu de variations, de différenciations : seule identité du projet revue.
C’est en cela qu’elle trouve sa forme et choisit le support internet, capable d’accueillir cette pluralité de paroles et de modalités d’expression sans imposition de la forme texte. Elle sera mise en ligne, en version française et anglaise, et dans un accès libre et gratuit dès le 11 octobre. Cette modalité d’existence se place sous le signe du variable puisque, durant toute la mise en ligne, son aspect peut changer, accueillir de nouvelles propositions de la part des internautes qu’ils soient théoriciens, artistes confirmés ou amateurs.
Mais elle invite aussi à une intrusion marquée de la variation, à un décentrement radical de son premier aspect puisqu’elle fait appel à un nouvel acteur pour prendre le rôle de rédacteur en chef de son devenir papier. Cet intervenant, différent pour chaque numéro puisque c’est cette matière qui le désigne, compose sa revue à partir des éléments initiaux et des excroissances qu’elle aura trouvées en ligne durant les cinq mois qui séparent la parution internet de celle papier. Chaque nouvelle édition de la revue, sera donc l’œuvre d’une singularité qui s’empare d’un collectif en devenir, en fait ressortir certains aspects, certains traits communs tout en y posant la subjectivité d’un regard.
Ce jeu de variation, de privé et de public se poursuivra dans les « ouvertures d’atelier » où, une fois par semaine, seront rendues visibles les réunions de rédaction dont le comité est, lui aussi, tournant, où seront exploitées les rencontres de pensées que la revue aura pu produire en plaçant dans un même espace tel écrivain et tel cinéaste qui peuvent trouver ainsi les conditions d’un dialogue imprévu, où le public sera invité à suivre le processus et à s’y engager dans un souci commun d’une pensée vive, plurielle, variable… Ce rendez-vous régulier changera constamment de format dans le souci d’une expérimentation de nouvelles formes de relation et de dialogue.