LE COFFRET DVD "104 RUE D'AUBERVILLIERS"
« Pendant deux ans, nous avons arpenté les 40 000 mètres carrés du 104 rue d’Aubervilliers en enregistrant une transformation voulue et faite par des hommes et des machines. Pendant que le bâtiment se changeait sous nos yeux, n’allions nous pas voir venir des fantômes à notre rencontre ? (...) Le chantier est devenu le premier atelier d’artiste et ces films les premiers prélèvements. »
Robert Cantarella
Depuis le début du chantier de réhabilitation du CENTQUATRE, Robert Cantarella, après avoir imaginé un collectif intitulé Relevé d’Images, a filmé les travailleurs, les lieux, interviewé les acteurs du projet. Ces milliers d’heures de tournage donnent naissance à un ensemble de films, "104 RUE D’AUBERVILLIERS", qui se compose de portraits, d’exercices de fictions, d’un documentaire de 52 minutes, mais aussi d’un film intitulé "Chantiers".
Retrouvez le coffret DVD dans la section "publications".
"LE CENTQUATRE EN 52 MINUTES" ET "CHANTIERS"
Le CENTQUATRE en 52 minutes
est un documentaire adapté au format télévisuel, qui axe son contenu sur l'histoire du lieu, de la naissance du Service municipal des pompes funèbres à sa transformation en établissement artistique en 2008.
Le film "CHANTIERS" (1h40)
est une forme plus longue. La réalisation prend le parti de la sobriété. Les images, à l'état brut, aiguillent le spectateur vers une réflexion sur les gestes qui ont fait la transformation du lieu.
Le cheminement d'un matériau est également retracé, de son milieu d'origine à sa destination au CENTQUATRE. + d'infos
Projection de "CHANTIERS" samedi 6 février 2010 / 16h / Atelier 7 / Gratuit
La mémoire des gestes
11/12/2007
"Tout comme le projet artistique et humain qui sous-tend la préparation du lieu CENTQUATRE, nous nous attachons à déterminer le chemin d’élaboration et d’en rendre compte en images. Les prélèvements sont les traces des gestes qui font les espaces.
Sur le chantier, nous nous attachons aux mouvements des ouvriers, à leurs organisations et aux verbes qu‘ils activent en travaillant. Les gestes de jeter, de balayer, de pousser, de trier, de briser, de détruire, de stocker, ont permis de rendre l’espace disponible pour la suite. Nous suivrons la construction jusqu’à son terme. Nous avons commencé en même temps que les premiers ouvriers : temps de destruction, de nettoyage et de préparation. Là aussi, nous continuons à enregistrer, et surtout à cadrer.
Nous donnons une durée et un cadre aux verbes qui vont faire le CENTQUATRE. Ceci jusqu’au moment de l’ouverture et après, lorsque les verbes seront ceux des premiers passants qui : déambuleront, observeront, parleront et assisteront aux travaux d’artistes.
La mémoire ainsi constituée est elle-même un chantier. Les choix de formes témoignent de la réalité de ce chantier vu depuis le lieu de sa seule réalité tangible, c’est-à-dire le bâtiment. Ce que nous voyons est la succession de ces gestes parfois incohérents à priori, et dont le dessein général nous est souvent mystérieux du fait qu’ils obéissent à l’ordre d’un plan de construction, d’un à venir que nous ne percevons pas dans l’observation du travail. Le suspens vient de là. De l’attente d’un plan général, et ce d’autant plus manifestement que le projet du CENTQUATRE est hybride, labyrinthique et que le plan d’ensemble s’organise autour d’un passage, donc d’un mouvement permanent."