Cartographisme
Une journée avec Experimental Jetset
Ce jour là, Marieke, Erwin et Danny avaient donné rendez-vous à 20 étudiants au 11 bis rue Curial, pour un nouvel "atelier 104".
Issus de l'Ecole Supérieure d'Art et de Design d'Amiens et de l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Rennes, les participants se virent proposer une journée de travail autour du concept de "cartographisme".
L'idée clé : en partant d'une base commune – un plan en noir et blanc du quartier du CENT QUATRE, au format A2 – chaque étudiant devra proposer une perception graphique toute personnelle de cette étendue urbaine dans laquelle s'inscrit le lieu…
Toute technique artistique est bienvenue. Ainsi, cette carte perceptive pourra être écrite, dessinée, imprimée, infographiée ou plus largement conçue à partir de tout matériel prélevé dans l'environnement du CENT QUATRE…
Concernant le choix du sujet Experimental Jetset se montre intarissable :
"Quand nous avons réfléchi à la forme à donner à cet atelier, on a immédiatement pensé à des concepts Situationnistes comme 'la dérive' et la 'psychogéographie', qui sont en rapport avec une exploration individuelle de l'environnement urbain, cette exploration prenant la forme d'une déambulation sans but avéré…
Nous avions plus particulièrement en tête cette carte, 'The Naked City', conçue en 1957 par Guy Debord. Cette carte présente un plan de Paris déconstruit, une géographie alternative, basée sur une interprétation personnelle de la ville."
" 'Pourquoi une carte subjective ?' demanderez-vous. 'La raison d'être des cartes n'est-elle pas l'objectivité, la neutralité, loin de toute dérive personnelle ? '
Eh bien, en tant que cartographes, vous pouvez certainement vous attacher à cette éthique, mais le fait est que toutes les cartes sont plus ou moins subjectives…
(…)
Un bon exemple de la subjectivité inhérente aux cartes provient du fait que la carte du monde, telle que nous la connaissons, est souvent représentée d'une certaine manière (que certains qualifient d''Eurocentriste'), alors qu'il y a en fait beaucoup de façons différentes de représenter le monde. Regardez par exemple cette carte alternative :"
"Nous présumons (et espérons) que, durant les quelques heures que dure cet atelier, vous allez déambuler dans le quartier, explorer le voisinage.
Mais imaginons que vous êtes têtus. Ou qu'il pleut. Et que vous ne vous sentez pas l'âme exploratrice.
Dans ce cas, vous devrez vous en remettre à votre imagination, et créer une carte qui mette à profit votre esprit fantaisiste. A vrai dire, il existe une riche tradition de 'cartes frictionnelles', détaillant des pays, îles ou villes imaginaires. La plus célèbre est probablement 'Utopia' de Thomas More.
En d'autres mots, nous acceptons les cartes imaginaires dans cet atelier, dans la mesure ou elles se font le relais d'un concept fort."