TENIR LES MURS
DU 1er JUILLET 2009 AU 8 AOÛT 2010
"Ma pratique artistique, jusqu’à ce jour, se nourrissait d’une expérience à la fois directe mais aussi distancée du réel. Ma recherche tournait, comme une obsession, autour de l’impossibilité de raconter une histoire. Ainsi "Tenir les murs" est la recherche d’un film qui tente de questionner les limites d’un cinéma. "Tenir les murs" détourne l’attente vers une définition du cinéma : un corps qui regarde défiler du temps.
Mais surtout un geste d’une violence sourde et muette qui tient en lui les tensions inhérentes du seuil pour ne pas oublier l’exil. Paradoxalement c’est dans l’attente, contre le mur, que le besoin de "traversée", de "route" et de "retour" est le plus perceptible. Je cherche les différents exils logés dans le geste de l’attente.
"Tenir les murs ne concerne pas la vie d’une cité". Les lieux seront choisis selon la question à être à la périphérie, à la frontière, à la limite des choses. Le réel agira ici comme un paysage, une terre, un territoire. Les situations, les dialogues, les gestes, seront saisis dans leur vérité, à la limite d’un document, pour former le contexte nécessaire à une histoire (à un défilement du temps). Celle-ci ne pourra être filmée qu’au présent et sans que tout ne soit écrit.
BIOGRAPHIE
Mehdi Meddaci est né en 1980 à Montpellier, et vit et travaille désormais à Paris.
Il est diplômé du Fresnoy Studio National des Arts Contemporains (en 2008) et de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Il a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives et a été résident à Damas, Alexandrie, Beyrouth et Toulouse.
Très rapidement, il a orienté son travail sur les fondements d’une possible mémoire des migrations et des déplacements et de son impact dans la conscience profonde d’un cycle. Il tente d’établir l’idée d’un exil obsessionnel des populations, et plus particulièrement méditerranéennes.
Cette mixité culturelle est une inspiration permanente pour Mehdi Meddaci qui travaille sans cesse sur les images et leurs représentations.
"L'intégration omniprésente des images apporte un sens à ma vie. Quand je les monte et les installe, j’entretiens le désir d'exister et de donner de l'importance aux "imaginations" de mondes possibles. Tout cela se vit dans une pure immédiateté portée par l'étrange sensation d'un manque. Le mélange de culture orient-occident dont je suis le produit pose parfois des problèmes de réflexion sur l'image. En imaginant les signes de ce mélange, je réaffirme symboliquement une continuité menacée, un étirement culturel aux limites d'une disparition."
Mehdi Meddaci