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L'histoire

du 104 rue d'Aubervilliers
au temps des pompes funèbres

 

Après l’édification du bâtiment en 1873 par le diocèse, c’est en 1905, avec la séparation des Églises et de l’État, qu’est créé le service municipal des pompes funèbres (SMPF), vécu comme un progrès des idées républicaines : en effet, tout un chacun avait désormais droit à une cérémonie, quels que soient sa religion, son statut (les femmes divorcées devaient auparavant être enterrées de nuit) ou les conditions de sa mort (les suicidés étaient aussi bannis). Le monopole municipal concernait les cercueils, les corbillards, les "porteurs" et les cimetières. Une part importante du travail relevait de la "pompe". Ainsi, il était obligatoire (jusque dans les années 1980) de placer des tentures à l’entrée des bâtiments où se trouvaient des morts.

Ce monopole municipal de la pompe funèbre a pris fin avec la loi Sueur du 8 janvier 1993.
Sur le site de la rue d’Aubervilliers, l’activité a décliné progressivement jusqu’au départ du dernier employé en 1997.

Durant les années de pleine activité, 27 000 corbillards partaient chaque année du SMPF, 1 400 personnes y travaillaient, dont une quarantaine de femmes. Les Pompes funèbres employaient aussi bien des menuisiers et des ébénistes que des carrossiers, des mécaniciens, des couturières, des peintres ou des maçons. Les fonctions étaient très codifiées : bureau d’exécution des convois, régleur, porteur… Sur le site se trouvaient donc des bureaux, des écuries, un service d’état civil, des ateliers, une cantine, un coiffeur, un cireur, des logements pour les employés d’astreinte, des entrepôts pour les mâts et les tentures, etc.
Les anciens du service municipal des pompes funèbres gardent un souvenir ému de la solidarité qui y régnait, de l’ambiance, de l’équipe de foot, de l’orchestre… Ces "bons moments", ainsi que la fierté de participer à un événement si important avec une telle dignité, permettaient d’oublier les difficultés inhérentes à la fonction.

En mai 1968, le site fut autogéré pendant un mois sans le moindre incident, donnant aux cols blancs et aux cols bleus l’occasion de sortir de leur isolement respectif.

Contrairement à une idée très répandue, le SMPF n’avait pas vocation à accueillir de corps. Mais il a dû répondre à des solutions extrêmes. Ainsi, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des guerres d’Algérie et d’Indochine, des dépouilles des victimes furent présentées aux familles sur le site.

 

Historique réalisé à partir des travaux de Christine Blancot, Christèle Falzon, Gérard Simonet.

 

 

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